vendredi 19 juin 2009

[Il signore Monte Viso]














Prochaine grande aventure en partance, du 8 au 10 janvier 2010, avec une tentative de répétition de la "Cresta Berhault" (traversée intégrale de l'arête Nord-Nord Ouest du Mont Viso), neuf ans jour pour jour après l'ouverture en solitaire par il maestro (8 et 9 janvier 2001)...

A suivre.

[Notre blanche maison]














« Je n'ai pas oublié, voisine de la ville,
Notre blanche maison, petite mais tranquille;
Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus,
Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe,
Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe,
Semblait, grand œil ouvert dans le ciel curieux,
Contempler nos dîners longs et silencieux,
Répandant largement ses beaux reflets de cierge
Sur la nappe frugale et les rideaux de serge
». (1)

J’écoute Murat (2) qui chante Baudelaire d'une voie émue
Les yeux fermés sur la rivière du temps et ses berges
Mélancoliques, derrière les rideaux de serge
Sans plus d'espoir de retrouver Les paradis perdus (3).

Non, je n'ai pas oublié cette belle époque,
Celle d'une mélodie Ferré (4) de quelques notes
Jouée par des doigts qui lentement pianotent
Comme pour échapper à notre époque;

De l’autre côté du mur, l’eau du canal coule,
En route vers la colline, éternelle au crépuscule du jour
Et voisin de la ville aux parfums de pomme d’amour
Dont s’enivre notre blanche maison, bercée par sa houle;

Vague à l’âme, chahutée entre Spleen et idéal (5)
La nuit est là et les enfants se sont tus,
Déjà partis dans leurs rêves A la recherche du temps perdu (6)
Laissant nous autres adultes nous confronter aux Fleurs du mal (7).

Je n’ai pas oublié, voisine de la ville,
Notre blanche colline, petite mais tranquille;
Sa forme de coque renversée et sa végétation drue
Dans une Durance chétive cachant ses anciennes crues,
Et le soleil, le soir, nonchalant et rougeoyant,
Qui, derrière son mur où se couchait son brûlant,
Semblait, grand œil du très haut,
Veiller sur nous de tout là haut,
Répandant puissamment sa bienveillance de La terre vue du ciel
Sur le refuge et les trois miens sans pareil.

Rifugio Pomodoro
Cavaillon
19 juin 2009














(1) Un texte de Charles Baudelaire – Les Fleurs du Mal – 1857
(2) Jean-Louis Murat chante Baudelaire sur une musique de Léo Ferré – Je n’ai pas oublié - Album Charles & Léo – 2007
(3) Les Paradis Perdus – Une chanson et un album de Christophe – 1973
(4) Léo Ferré
(5) Spleen et Idéal – Première des six sections du recueil de poèmes Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire – 1857
(6) A la recherche du temps perdu – Un roman de Marcel Proust – 1913>1927 (7 tomes)
(7) Les fleurs du mal – L’œuvre majeure de recueil poétique de Charles Baudelaire - 1857

mardi 2 juin 2009

[L'appel de la forêt]














1998 > 2008.
Dix ans déjà que l'aventure CHILKOOT a commencé, un soir d'été, au coeur d'une forêt de mélèzes du Queyras.

Dix ans déjà de recherche du "bon filon" dans cet Eldorado de l'Escarton queyrassin, non loin des mines de fer de Ceillac et de Saint-Véran, en quête de cette marque communautaire, CHILKOOT, la compagnie des pionniers.

Une quête, une "gold rush" pour pionniers des temps modernes, loin d'être terminée, une aventure en partance même, alors que les couleurs de CHILKOOT au musher sans visage continuent de flotter dans le souffle léger du vent traversant la clairière...

The call of the wild begins

[Santana]














Ou plus exactement Santana PS10 pour notre virtuose non pas de la guitare mais de la Caméra au poing (1), j'ai nommé Eric Verrier, Alias "Fly Boy" (voir le post précédent).

Dernière acquisition en date avec ce 4x4 pur et dur made in spain, sans chrome ni cuir, pour ce JRI (Journaliste Reporter d'Images) histoire pour lui et ses clients d'aller jusqu'à L'autre bout du Monde (2) couvrir en images la Terre des Hommes (3)...

www.lucarne.tv

(1) Caméra au poing - Une émission de télévision de 1968 à 1980 réalisée et présentée par Christian Zuber
(2) L'autre bout du monde - Un album et une chanson d'Emily Loizeau - 2006
(3) Terre des hommes - Un livre d'Antoine de Saint-Exupéry - 1939

[Vol au dessus d'un nid de coucou]














Pour Eric, Alias "Fly Boy", c'est plutôt vol au-dessus du Ventoux avec son coucou de Piper Cup...

Shooting d'une main (l'autre tient le manche !) avec son iPhone un jour de fin février dernier dans les turbulences du Géant de Provence.

Il est libre Max ! Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler (1)

Et oui, notre "Fly Boy" n'est pleinement heureux que lorsqu'il vole, tout là haut, entre terre et ciel.

(1) Il est libre Max - Une chanson d'Hervé Cristiani

jeudi 28 mai 2009

[Les paradis perdus]





















La vie est une ascension, une voie, une montagne à escalader, bref, un sommet d’exigence.
Montagnes d’une vie (1)…celles-là mêmes qui font souffrir tout au long des chemins de la vie, mais aussi grandir et Aimer ce que nous sommes (2).

Modeste soldat dans L’armée des ombres (3) professionnellement parlant mais aussi alpiniste amateur anonyme parmi Les Conquérants de l’inutile (4), j’ai souvent pu mesurer en entreprise comme en montagne que ce n’est que dans des chantiers et voies difficiles que l’on sort au sommet véritablement changé, transformé, métamorphosé.
Le genre d’expérience, d’engagement, qui « tire vers le haut » et vous marque au fer rouge...

J’imagine qu’il en va de même dans beaucoup d’autres disciplines sportives, artistiques, professionnelles…pourvu que l’on ait trouvé sa voie.

« Qui sait tout souffrir peut tout oser » (5).
Pas à pas, mètre par mètre, souffle à souffle, l’alpiniste progresse le regard fixe vers le sommet, tel le chasseur Profit engagé dans son solo intégral de 3 heures 10, sans corde, à mains nues, dans la face Ouest des Drus (Directe Américaine), un jour de juin 1982 (6).

Nombreux sont ceux qui façonnent leur vie à coup de doses successives d’adrénaline, parce que résolument engagés avec passion dans une ascension qui doit les mener toujours plus haut, toujours plus loin, version Pushing the limits (7), jusqu’au seuil des portes de Lumières (8)…
Au cours de cette longue et mystérieuse Ascension que représente la vie, leur vie, il arrive souvent qu’une question taraude l’esprit du grimpeur, le vivant à pleine dents, parce que soudainement convaincu d’être devenu Le Chanteur Abandonné (9), l’artiste incompris, le solitaire qui ne veut plus être seul, l’idéaliste utopique, le conquérant de l’inutile.

Au pied d’une nouvelle voie, plus difficile encore que les précédentes, une inquiétude, un doute, une angoisse même envahit le Premier de cordée (10) qu’il est pour Le jour d’après (11) :

En pleine tempête (12), car elle est annoncée,
Qui seront désormais les Capitaines courageux (13) ?
Que deviendra Le Cercle des Poètes Disparus (14) ?

Bien sûr, demain, dans quelques semaines, il sait qu’à l’heure de la Rencontre avec Joe Black (15), certains dirons de leur vie « nous aurions du ou nous aurions pu. Lorsqu’il sera trop tard » (16).

Pour l’heure, il est « mid life » au clocher de l’église, dans les squares les fleurs poétisent (17),
Et moi, tout là haut, je me souviens de Quand j’étais chanteur (18),
Alors
Dans ma veste de soie rose
Je déambule morose
Le crépuscule est grandiose

Peut-être un beau jour voudras-tu
Retrouver avec moi
Les paradis perdus
. (19)


(1) Montagnes d’une vie – Un livre de Walter Bonatti – Editions Guérin – (2001)
(2) Aimer ce que nous sommes – Un album et une chanson du chanteur Christophe – (2008)
(3) L’armée des ombres – Un livre de Joseph Kessel – (1943) - et un film de Jean-Pierre Melville – (1969)
(4) Les Conquérants de l’inutile – Un livre de Lionel Terray – (1961) – Editions Guérin (2001 – 6ème édition)
(5) Citation de Luc de Clapiers, Marquis de Vauvenargues – (1715-1747)
(6) Mission Alpinisme GMHM – Un livre album d’Antoine Chandellier – Editions Guérin - (2006)
(7) Pushing The Limits – Un film de Thierry Donnard – (1994)
(8) Face Nord – Un livre de Saint-Loup – Editions Arthaud - (1950)
(9) Le Chanteur Abandonné – Une chanson de Johnny Hallyday écrite par Michel Berger – (1985)
(10) Premier de cordée – Un livre de Roger Frison-Roche – (1941)
(11) Le jour d’après – Un film de Roland Emmerich – (2004)
(12) En pleine tempête – Un film de Wolfgang Petersen – (2000)
(13) Capitaines Courageux – Un livre de Rudyard Kipling – (1897)
(14) Le Cercle des Poètes Disparus – Un film de Peter Weir – (1989)
(15) Rencontre avec Joe Black – Un film de Martin Brest – (1998)
(16) Extrait de Noces à Grenelle – Une chanson d’ABD AL MALIK – (2008)
(17) Extrait des Mots bleus – Un album et une chanson de Christophe – (1974)
(18) Quand j’étais chanteur – Un film de Xavier Giannoli – (2006)
(19) Extrait des Paradis Perdus – Un album et une chanson de Christophe – (1973)

lundi 25 mai 2009

[Sur le fil du rasoir]














Il y a des périodes de vie comme ça, moins actives que d'autres, moins enthousiastes, des périodes de quête, tel un funambule sur le fil du rasoir qui cherche à défier le vide...de sens à sa vie.
Faut-il pour autant prendre la tangente sur la Taillante ?
(Ligne de crête de La Taillante - Queyras - photo ci-dessus)

Dans mon précédent post, j'écrivais qu'une bonne sortie en montagne est une sortie de laquelle on revient le sourire aux lèvres.
Encore faut-il, pour partir en montagne, avoir le sourire aux lèvres, "l'envie d'avoir envie" comme le chante notre Johnny national !

Ces dernières mois, je dois bien l'avouer, l'envie n'était pas là,
plus là.
Une nouvelle piste de jouvence m'obsédait : le BMX ! Une discipline plus explosive, plus instantanée, plus facile pour moi à mettre en oeuvre dans l'espace temps, ce luxe si difficile de nos jours à maîtriser.














Après "On a marché sur la Lune", voilà donc la version "On a roulé sur la Lune" avec la découverte récente d'un sport communautaire - le BMX(1) - source de sensation, d'adrénaline et surtout sport à partager avec mon fils Dimitri(2) à défaut de réussir pour le moment à l'emmener marcher et escalader avec moi en montagne.
Je ne désespère pas que le ski (de bosses !) devrait permettre un jour à Dimitri de me rejoindre côté montagne...















Alors Alpine Walker ou BMX Rider ?
Les deux mais à doses adaptèes, car pour l'heure il me faut bien accepter que le temps d'une pratique sportive plus raisonnable s'impose en regard de mon état d'épuisement général.
A vouloir trop en faire, on risque de ne pouvoir plus rien faire...
On ne grimpe pas en effet au sommet d'une montagne ni ne saute des triples bosses lorsque la condition physique et surtout le mental ne sont plus au rendez-vous.
Une absence qui découle directement de cette quête immuable, "Le mot de la fin : être reconnu, tout simplement, pour exister"(3)...

Sur le fil du rasoir, face au deuil d'une reconnaissance par ses pairs (alpinistes et communicants), le salut ne serait-il pas tout simplement celui d'une reconnaissance par ses proches dans la transmission et le partage ?

Une probable source de (bon) sens à redonner à sa vie...

(1) http://chilkootcruisersx.blogspot.com
(2) http://dimitriskateparktrip.blogspot.com
(3) Berhault - Un livre de Michel Bricola et Dominique Potard - Editions Guérin - Mai 2006