dimanche 28 décembre 2008

[Alone 09 - Compte à rebours stoppé]














Compte à rebours stoppé ce jour - 28/12/2008 - à 14:38 pour la mission Alone 09 dont le lancement était programmé pour le tout début d'année 2009 (1-3 janvier 2009).

Un niveau 4/5 du risque avalanche explique à lui seul cet arrêt et le report sine die, c'est à dire à une période ultérieure, de la prochaine mission PCQR. Les pentes d'accès à l'arête Nord-Nord Est du Pic des Heuvières, sur les hauteurs du Collet de Sainte Anne sont en effet très réputées pour les déclenchements, sans sommation, de plaques à vent...
Des locaux, bien affûtés, s'y sont déjà laissés prendre à plusieurs reprises !

Faute d'hivernale solitaire, un aller-retour en duo devrait avoir lieu lundi 29 après-midi ou mardi 30 au matin au Col Bramousse - non exposé selon les locaux - suivi d'un bivouac dans un trou de neige le 1er janvier au soir probablement sur les hauteurs du domaine skiable de Ceillac (Tête de Coste Belle - 2552 m), histoire de commencer l'an neuf la tête dans les étoiles...

mercredi 24 décembre 2008

[Bivouac avec le Père Noël]


















Plus que quelques heures à attendre pour petits et grands avant que le Père Noël ne se lance lourdement chargé dans un nouvel enchaînement hivernal de descentes de cheminées… Des cheminées qui auront souvent des allures de dièdres étroits, sombres, austères en cette fin 2008 à bien écouter les médias.













Ceci étant dit, attention au fait qu’un Père Noël peut en cacher un autre et qu’il est bien évident que dans certaines circonstances, toujours regrettables, l’habit rouge, la capuche et la barbe blanche ne suffisent pas pour éclairer une Fête qui n’en est plus une pour bon nombre d’entre nous...
Pour autant, cela fait-il nécessairement du Père Noël une ordure ? Certainement pas.

Le Père Noël est un guide, une comète, une étoile filante et à coup sûr il sera ce soir encore le premier de cordée d’une humanité qui a le vague à l’âme...

Les Fêtes de fin d’année, comme nous avons coutume de les appeler, ne sont pas une fin en soi. Dieu merci.
Il nous faut les vivre comme un commencement, comme un bivouac hivernal, en famille, entre amis, avec ou sans foie gras, dinde aux marrons et cadeaux made in China ; un bivouac hivernal à la veille d’une nouvelle ascension d’envergure.

Pourquoi sommes-nous en ce jour de réveillon, comme chaque année depuis notre plus jeune âge, dans l’attente fébrile du jour d’après, dans l’attente du Père Noël ?
Tout simplement parce qu’il demeure dans notre âme d’enfant le symbole d’une certaine idée du bonheur, d’un espoir de cadeau, le plus beau, le plus gratuit, le plus inattendu des cadeaux, celui qui ne s’achète pas, celui qui ne se trouve pas, celui qui se prend à bras le corps, celui de « la vie devant soi ».

mercredi 17 décembre 2008

[Apollo 13]














Nouvelle mission PCQR programmée au tout début janvier 2009 avec la tentative d’ascension hivernale et en solitaire du Pic des Heuvières (3272m), l’un des deux principaux « satellites » de la Font-Sancte (3385m) avec la Tête de la Petite Part (3144m).

L’ascension express prévue en « one push » se fera depuis un bivouac creusé dans la neige non loin du « pas de tir » du Collet de Sainte-Anne (2408m) – Sur les hauteurs immédiates de l’arrivée du téléski de Sainte Anne, ce qui limitera la difficulté et la durée de portage du matériel de bivouac tout en permettant une attaque très tôt dans la nuit à la frontale.

Pic des Heuvières 3272 m
(Chaîne de la Font-Sancte – Queyras)
Voie : Arête Nord-Nord Est

Short-list de bivouac :
> PYRENEX Expedition Jacket & Pant
> CARINTHIA Defense 6
> Matelas THERMAREST Prolite 3 Regular
> Pelle à neige BLACK DIAMOND Lynx

Short-list d’ascension :
> PYRENEX Mars Glued Jacket
> MILLET Pant
> Chaussures ASOLO AFS 8000
> Guêtres ASOLO
> Crampons Petzl Charlet M10
> 2 piolets traction Charlet Moser Axar
> Casque PETZL Météor III
> Sac à dos MILLET Mygal 35
> Frontale PETZL MYO XP
> Gants CHARLET Cascade
> Surmoufles MILLET

Fenêtre de tir du 1er au 3 janvier 2009 après une arrivée à ski sur site avec la dernière perche de la journée et un bivouac au creux d’un « trou » de neige.

Quoi qu’il arrive, je pourrai toujours compter sur la fiabilité de mon équipement d’alpinaute, à commencer par la très technique et technologique PYRENEX Mars Glued Jacket.

En souhaitant que cette nouvelle mission « solo » ne prenne pas la tournure de celle d’Apollo 13 !
« …Houston, we’ve had a problem »…

vendredi 21 novembre 2008

[La terre vue du ciel]


















“Le grimpeur est un martyr. Il affronte l’inconnu, le terrifiant, avec le sourire de celui qui fait ce qu’il a à faire avec la foi et la passion.
Martyr puisqu’il accepte la souffrance qui résulte de son ascension comme quelque chose d’inhérent à son activité ; ni plus ni moins.
Lui octroyer le statut de héros est un alibi : il fait tout ce que les autre n’osent pas faire, ce dont ils n’osent même pas rêver.
Son obstination dérange.
Alors, on le marginalise.
L’himalayiste est en définitif un homme seul.”

Benoît Chamoux “Le Vertige de l’infini” - Octobre 1988

“L’aventure solitaire poussée à l’extrême, n’est autre qu’une auto-psychanalyse.
Un mode d’expression suprême de l’égo. C’est aussi la nécessité de chercher en soi l’essence d’un refus social qu’on va exprimer dans un ailleurs où les règles sont simples et limpides : jeu de vie et de mort. L’objectif limpide : créer.”

Benoît Chamoux - Août 1990

Extraits de “Benoît Chamoux - Petit Prince de l’Himalaya” SOLAR - Septembre 1996

Souffrance d’une cheville blessée, corps vieillissant et pourtant déjà, l’envie, l’obstination de repartir là haut, tout là haut, “un peu plus près des étoiles”, tel un martyr engagé dans une “envolée vers l’oxygène rare”, au bord de l’asphyxie, pour tenter encore et toujours de mieux comprendre le monde des hommes,
“la terre vue du ciel”...

lundi 10 novembre 2008

[Les destinées sentimentales]














« Il y a longtemps que je t’aime Jamais je ne t’oublierai »(1).
Ces paroles d’une chanson populaire bien connue sont tellement vraies pour la montagne et moi depuis l’âge de 4 ans (première ascension intégrale du Puy de Sancy) qu’il m’est toujours difficile d’accepter, l’âge avançant et de plus en plus épuisé au retour des sommets, que mon meilleur niveau physique et technique est un peu plus derrière moi.
Le rêve tenace de Guide s’éloigne, prisonnier d’une réalité…

En écrivant le post des « Chanteurs de Mexico », après le deuil, déjà, d’une ascension au Mont-Blanc (vécue par procuration grâce au succès de Frédéric Maurel et d'Eric Vidal les 2 et 3 août derniers), j’ajoute aujourd’hui avec réalisme mais sans tristesse le Pico de Orizaba à toutes ces montagnes, tous ces « Horizons gagnés »(2) par d’autres et dont mes pas ne pourront jamais fouler les sommets. Trop loin, trop difficiles, trop chronophages, trop séparateurs…pour moi et les miens.
« Au nom de tous les miens »(3), je commence en effet à mesurer le progressif, nécessaire et salutaire recul à prendre dans la fréquence des départs et le degré d’engagement vers des sommets plus ou moins hauts et lointains.
Difficile pour autant d’avoir les pieds sur terre lorsque l’on a la tête dans les étoiles, tel un enfant qui n’aurait pas grandi…

« Choisir, c'est renoncer » dit on souvent.
Renoncer à un sommet est un choix particulièrement difficile, surtout lorsque l’on est comme moi l’instigateur de l’ascension, du programme d’enchaînement…














Dans mes tentatives hivernales en solitaire ou en équipe à La Saume, j’ai souvent été confronté à ce choix difficile.
Plus récemment, c’était au pied du Pic Panestrel (3254 m), lors de l’expé « Forfour 08 » en octobre dernier, lorsque j’ai laissé partir Raphaël, Olivier et Baptiste avec pour seul « lot de consolation » la modeste Pointe d’Escreins (3038m).

Une cheville mal soignée de longue date est un « handicap » aux allures de fardeau à porter en silence, résigné, pour « l’homme qui marche »(4) pendant de longues heures dans des pierriers hostiles. Mais plus dure encore est la descente, lourdement chargé avec en prime le deuil à faire d’une montagne inachevée…

Dans la vie comme en montagne, nombreuses sont les circonstances, conditions et raisons qui nous imposent à faire régulièrement des choix pour être reconnu par ceux et celles qui comptent le plus.
Etre reconnu par les siens, pour vivre, tout simplement.

Des choix que nul ne peut juger ni même condamner puisqu’ils sont toujours dictés par « Les destinées sentimentales »(5)…

« Je regarde vers le ciel
Les mains tendues vers toi
Mon Dieu si elle t’appelle
Parle-lui de moi »(6)

(1) « A la Claire Fontaine »
(2) « Les horizons gagnés » - un film de Gaston Rébuffat - 1961
(3) « Au nom de tous les miens » - un livre de Martin Gray - 1971
(4) « L’homme qui marche » - une sculpture d’Alberto Giacometti - 1960
(5) « Les destinées sentimentales » - un film d’Olivier Assayas - 2000
(6) « Parle lui de moi » - Aimer ce que nous sommes – Christophe - 2008

[Les chanteurs de Mexico]


















Nos deux globe-trotters, alias « Burned Head » (Baptiste Merlin) et « Crazy Boy » (Olivier Blache) sont de retour de leur périple mexicain. Histoire de pouvoir contempler une fois de plus « la terre vue du ciel » sans pour autant ajouter un nouveau saut à leur palmarès, « Babat » et « Oliv » avaient décidé de s’offrir « le toit du Mexique », à savoir le Pico de Orizaba avec ses…5636 m (troisième plus haut sommet d’Amérique du Nord),
excusez du peu !












Une nouvelle ascension couronnée de succès pour les deux plus fringants membres du Chilkoot Mountaineering Team puisque le sommet a été atteint en deux jours après une arrivée, à la nuit tombante, en jeep « panamerican » au Refuge Piedra Grande (4260 m !)

Le premier jour fut consacré à une longue marche d’acclimatation entre 4260 m et 4810 m (vs. altitude du sommet de notre – modeste - Mont-Blanc national !).













Sans nul doute, « c’est beau une ville la nuit » mais c’est encore plus beau un pays à l’aube !
Le second jour ou « summit day » a commencé quant à lui avec un lever dès 01H00 du matin pour un départ du refuge à 02H00.












Les deux comparses ont mis pieds sur le glacier à 04H30 avant d’atteindre cinq heures plus tard - soit à 09H30 - le sommet du cratère (et oui le Pico de Orizaba est un volcan dont la dernière éruption remonte à 1687).















Selon Olivier et Baptiste l’ascension du glacier fut « très dure » sur la fin et très froide (Baptiste dit encore avoir deux doigts très peu sensibles).

Comme toujours, après « l’ivresse des hauteurs », la descente fut longue et douloureuse pour les jambes.


















Prochain objectif, au-delà des frontières pour « Les chanteurs de Mexico », la Mongolie courant avril 2009 pour un long trek et l’ascension du Khuïten (4374 m), plus haute montagne de cette région parcourue autrefois par Gengis Khan et territoire du léopard des neiges…













D’ici là, Font Sancte, Tête de la Petite Part, Tête de Girardin, Col Tronchet et Col Albert, tous inscrits sur le fil des 3000 des Sentinelles d’altitude (PCQR) pour la fin janvier et le début avril 2009.

[El Capitan au Nose]














Un long dimanche de promenade en famille, hier 9 novembre 2008, dans le vallon de l’Aiguebrun (Luberon).
Véritable « Yosemite » à la française, le site du Buoux est internationalement connu dans le monde de l’escalade.
Ce site de grimpe exceptionnel totalise 453 voies de 5c à 8c
de 50 m de hauteur minimale à 130 m de hauteur maximale.













A voir le nombre de grimpeurs encore engagés tard hier au soir et les nombreuses fourgonnettes et autres breaks arborant fièrement des stickers Petzl, Béal, Millet Roc Session…l’Auberge des Seguins avait tout du mythique « Camp 4 » américain ! De plus, en levant un peu le nez, force est de constater que le site luberonnais possède lui aussi son « Nose », la démesure en moins…











Fourbu, après un long parcours en boucle au départ du parking des Seguins via Sivergues et un retour par le haut de la falaise puis la « rampe » de descente (pavée !) jusqu’à l’Auberge « au pied du mur », Dimitri pouvait s’endormir à Cavaillon, la nuit venue, la tête pleine d’images d’une « Légende d’Automne » entrecoupée d’une légitime appréhension de chute libre...

Son mouton « Raymond » aura su le rassurer et lui montrer la voie, vers le haut, c’elle d’ « Un après-midi de chien » (Falaise de Balme – Hte Savoie – 180 m – 6b max – 6a+ obl.).

Normal pour « El Capitan » qui ne cesse de courir avec toute l’énergie de ses six ans…